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Discours de son Exellence le Premier Vice Premier Ministre et Ministre des Affaires Etrangères de l'Etat du Qatar:, Sheikh Hamad Bin Jassim Bin Jabr Al-Thani
Réunion préparatoire des Ministres des Affaires Etrangères, pour le Deuxième Sommet du Sud
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Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi tout d’abord de vous souhaiter la bienvenue au Qatar, ce pays qui est le vôtre, au sein de votre famille. Comme vous le savez, l’objet de ce Sommet est directement lié aux aspirations profondes de nos peuples en matière de progrès et de prospérité. |
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C’est la raison pour laquelle nous considérons le développement comme une priorité et une préoccupation essentielle dans le cadre du dialogue sur la coopération internationale, car en l’absence de développement, il nous est impossible de répondre aux aspirations de nos peuples.
Nous sommes en présence de trois catégories de préoccupations qui concernent respectivement l’état actuel de la coopération économique internationale, notre contribution à cette coopération au niveau des pays du Sud et la place du Sud dans le monde d’aujourd’hui.
Partenariat pour le développement :
Les pays en développement ont participé activement à une série de grandes conférences et de sommets organisés par l’ONU et d’autres instances dans les années 90 qui ont porté sur l’ensemble des aspects du développement économique et social, notamment le développement social, la population, la condition de la femme, l’enfance, la question du financement du développement durable, les technologies de l’information et de la communication et, enfin, le cycle de Doha.
Nos partenaires au développement ont pris des engagements dans le cadre de certaines de ces conférences, des accords ont été conclus et la Déclaration du Millénaire, qui a été adoptée à la fin du siècle dernier, est venue concrétiser les aspects essentiels de ces engagements. Le Sud, pour sa part, a rempli les obligations qui lui incombaient. .
En effet, nous avons tenu toutes nos promesses en donnant suite aux exigences concernant la libéralisation de nos économies. Nous avons intégré les engagements en matière sociale dans notre stratégie nationale de développement et nous avons adapté la gestion de notre économie à ces engagements.
Dès lors, la question qui se pose est de savoir si nos partenaires ont été à la hauteur de leurs engagements. Si l’on en juge d’après les débats intenses qui ont eu lieu à New York dans le cadre des préparatifs de l’examen de l’application de la Déclaration du Millénaire, la réponse est malheureusement négative étant donné que la mondialisation n’a profité jusqu’à présent qu’aux pays développés, que l’intégration effective des économies des pays en développement dans les échanges économiques et commerciaux internationaux se fait attendre, et que les avantages potentiels en termes de développement sont loin d’être évidents.
La dette extérieure demeure un fardeau intolérable pour de nombreux pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire et, en dépit des nombreuses initiatives qui ont été prises dans ce domaine, aucune solution n’est en vue. Seuls quelques pays développés ont donné suite à l’engagement qu’ils ont pris il y a plusieurs années déjà, de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement. Par ailleurs, la mise en œuvre des programmes en faveur des pays qui connaissent des conditions particulières, notamment les pays africains, les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits Etats insulaires en développement, se caractérise par une lenteur désespérante.
En outre, la participation des pays en développement au processus décisionnel à l’échelle internationale se fait attendre. Leur influence sur les décisions relatives aux politiques financière, monétaire et commerciale est insignifiante. Mieux encore, nous assistons actuellement à des tentatives visant à restreindre le rôle que joue l’Organisation des Nations Unies dans les grandes questions économiques et ce, en dépit des acquis incontestables que cette Organisation a enregistré durant la décennie écoulée.
Pour toutes ces raisons, nous ne devons épargner aucun effort pour aboutir à un accord sur un véritable agenda de développement lors du Sommet qui sera organisé au mois de septembre prochain dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations Unies pour examiner la mise en œuvre des décisions de la Déclaration du Millénaire et des grandes conférences et sommets organisés par l’ONU. Les pays en développement n’ont pas besoin de nouveaux engagements. Ils attendent la mise en œuvre effective des promesses antérieures. Nous avons besoin d’un calendrier clair et précis pour l’application des engagements en question et de mécanismes qui nous permettront de vérifier que les engagements de nos partenaires au développement ont été traduits dans les faits. Il convient de faire en sorte que le processus de mondialisation soit conforme aux valeurs humaines, à la justice et à l’équité et qu’il favorise la prospérité des peuples. Nous devons rendre à la notion de confiance réciproque tout son sens, car il nous est impossible de gérer la mondialisation sans prendre pleinement en compte les liens entre les différentes économies et les divers secteurs. Il nous faut faire également en sorte que les intérêts des pays en développement soient pleinement pris en considération dans les instruments économiques internationaux et multilatéraux. La gestion économique rationnelle suppose la réforme des institutions pour que le processus décisionnel soit plus démocratique, plus équitable et plus représentatif et qu’il réponde aux besoins de tous les pays. Enfin, nous devons poursuivre nos efforts pour renforcer le multilatéralisme dans les relations internationales.
Coopération Sud-Sud:
La coopération entre le Nord et le Sud est une composante essentielle des relations économiques internationales. Sachant que la coopération entre les pays du Sud en est également un élément important, nous devons faire en sorte d’exploiter les perspectives prometteuses qu’elle offre. Cette coopération n’a pas pour objet de remplacer le multilatéralisme, mais de le renforcer. Nos économies respectives sont complémentaires et occupent une place de plus en plus importante dans les échanges internationaux. Des opportunités d’investissement existent également entre les pays du Sud. Ce sont autant d’atouts qui militent en faveur du renforcement de la solidarité qui nous unit.
Le premier Sommet du Sud a offert un cadre politique et défini des plans d’action pour le renforcement de la coopération entre les pays en développement. Ce cadre qui a été adopté à La Havane et les orientations qu’il comporte, ont trouvé leur prolongement à Marrakech (Maroc), au mois de décembre 2003, à l’occasion de la tenue de la conférence de haut niveau du Groupe des 77 sur la coopération Sud-Sud.
La Déclaration et le cadre de travail de Marrakech sur la coopération entre les pays du Sud, ont défini les différents domaines d’intervention entre les pays du Sud. Ainsi, on voit que malgré les difficultés, il est possible d’unir et de renforcer nos efforts si nous le voulons vraiment. De même, l’examen du Plan d’action de La Havane montre qu’en dépit des progrès accomplis, la mise en œuvre intégrale de ses dispositions exige de nouveaux efforts pour appliquer les recommandations en suspens. Aussi, nous devons accélérer la mise en œuvre de ces dispositions ainsi que des propositions nouvelles qui ont émergé au Sommet de La Havane et durant le processus préparatoire de New York. Ces nouvelles orientations visent notamment à :
• Poursuivre l’intensification des échanges commerciaux entre les pays du Sud et élargir les marchés des régions en développement
• Intégrer la coopération entre pays du Sud aux stratégies nationales de développement
• Renforcer la coopération et l’intégration régionale et sous-régionale
• Coopérer en vue du renforcement des capacités de production et des investissements entre pays du Sud
• Coopérer dans le domaine des ressources humaines et de technologies, notamment les technologies de l’information et de la communication
• Mettre en place des partenariats élargis entre les pays du Sud en intégrant de nouveaux intervenants, notamment le secteur privé
• Mettre en place des mécanismes de suivi pour assurer la mise en œuvre effective des décisions
• Mobiliser l’aide internationale en faveur de la coopération entre pays du Sud, notamment auprès des grandes institutions multilatérales comme la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement, le Programme des Nations Unies pour le Développement et les Commissions régionales.
Toutes ces propositions et d’autres, que nous nous devons de traduire dans les faits, ont été intégrés au Plan d’action qui sera adopté dans le courant de cette semaine à Doha.
Le Sud et l’Agenda international :
Le Sud ne manque pas de ressources dans le domaine des relations internationales. La Déclaration ministérielle de Sao Paulo, adoptée à l’occasion de la célébration du quarantième anniversaire de la création du Groupe des 77, a confirmé que certaines relations entre pays du Sud constituent un facteur déterminant dans les relations économiques internationales. La Déclaration a également prouvé que le Sud, qui était quasiment tenu à l’écart des échanges économiques et commerciaux internationaux, a réussi à améliorer sa situation, comme le confirment les changements intervenus dans la division traditionnelle du travail au niveau international. Ces changements ne constituent pas seulement des acquis économiques. Ils viennent renforcer la solidarité et l’équité entre les pays, ce qui augure bien de la coopération fondée sur ces valeurs et dont les retombées seront profitables aux pays en développement.
Ces changements constituent pour nous des défis mais, dans le même temps, ils nous offrent l’occasion de renforcer notre unité. Il appartient donc aux pays en développement de saisir cette opportunité pour occuper la place qui leur revient dans le concert des nations.
En conclusion, permettez-moi de vous remercier et de souhaiter plein succès aux travaux de votre conférence pour le progrès et la prospérité de nos peuples.
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